Application de la directive relative au travail intérimaire

Question de Dominique Martin à la Commission européenne avec demande de réponse écrite

Cette directive a pour objet d’assurer la protection des travailleurs intérimaires et d’améliorer la qualité du travail intérimaire en assurant le respect du principe de l’égalité de traitement à l’égard des travailleurs intérimaires et en reconnaissant les entreprises de travail intérimaire comme des employeurs, tout en tenant compte de la nécessité d’établir un cadre approprié d’utilisation du travail intérimaire en vue de contribuer efficacement à la création d’emplois et au développement de formes souples de travail.

Le travail intérimaire apporte, dans certains pays, la fléxibilité nécessaire aux entreprises et dans d’autres il est synonyme d’exploitation. Ainsi, pour empêcher des abus:

  1. La Commission envisage-t-elle de fixer un taux maximum de recours au travail intérimaire dans les entreprises?
  1. La Commission envisage-t-elle de limiter la répétition d’une même mission intérimaire?

Réponse donnée par Mme Thyssen au nom de la Commission (22.4.2015)
La directive 2008/104/CE a pour objectif de parvenir à un juste équilibre entre, d’une part, l’amélioration de la protection des travailleurs intérimaires, notamment en établissant le principe de l’égalité de traitement, et, d’autre part, la défense du rôle positif que le travail intérimaire peut jouer en apportant une flexibilité suffisante au marché du travail.

Elle autorise les restrictions concernant le recours aux travailleurs intérimaires, uniquement si elles sont justifiées par des raisons d’intérêt général tenant, notamment, à la protection des travailleurs intérimaires, aux exigences de santé et de sécurité au travail ou à la nécessité d’assurer le bon fonctionnement du marché du travail, et d’empêcher les abus .

En 2014, la Commission a publié un rapport sur l’application de cette directive, dans lequel elle a présenté une vue d’ensemble des modalités d’application de la directive dans les États membres et examiné l’opportunité de modifier la directive. Au vu de ses constatations et compte tenu, notamment, des avis exprimés par les États membres et par les partenaires sociaux européens, la Commission a conclu qu’aucune modification n’était nécessaire à ce stade. Elle a fait remarquer qu’il était encore trop tôt pour pouvoir dresser un bilan de l’application de la directive et déterminer si celle-ci avait pleinement atteint ses objectifs.