L’immigration diminue les salaires européens

Les experts de l’ONU ont calculé que pour garder le taux actifs/retraités identique à 1995, la France devrait compter 187 millions de personnes en 2050, dont 128 millions d’immigrés. L’ONU conseille à la France de recevoir 2,4 millions d’immigrés/an à partir de 2025; elle préconise que l’Union européenne en accueille 13 millions/an pour un objectif total de 674 millions. L’alternative serait de reculer la retraite à 74 ans(1).

Comme les immigrés vieillissent aussi, une étude de l’administration néerlandaise rejette cette course à l’échalote d’une population grandissante à l’infini, et a étudié le postulat de l’ONU: le dogme d’un bénéfice économique de l’immigration. Ses conclusions sont claires: l’arrivée de 5 % d’immigrés abaisse les salaires de 10 % pour les résidents néerlandais les moins qualifiés. Même les salaires des résidents les plus qualifiés sont touchés. Seuls les propriétaires d’actions seraient gagnants à court terme(2).

En 10 ans (2008 à 2017), 25 millions de nouveaux permis de résidence ont été délivrés dans l’Union européenne à des étrangers non-européens(3). 22 millions de ressortissants de pays tiers vivent dans l’Union(4). Il y a 16 millions de chômeurs dans l’Union(5).

1. La Commission a-t-elle évalué l’effet des flux d’immigration extra-européenne sur les salaires des Européens?

2. Pourquoi 400 000 personnes ont disparu(6) des statistiques officielles de permis délivrés pour 2016?

(1) Plus précisément pour conserver un rapport actifs/retraités de 4,4 personnes de 15-64 ans pour une personne de 65 ans et +: scénario VI, p. 36; https://www.un.org/en/development/desa/population/publications/pdf/ageing/replacement-chap4-fr.pdf https://www.un.org/en/development/desa/population/publications/pdf/ageing/replacement-es-fr.pdf
(2) Office central néerlandais de la planification, p. 48; https://www.researchgate.net/publication/5007996_Immigration_and_the_Dutch_Economy/download
(3) http://appsso.eurostat.ec.europa.eu/nui/submitViewTableAction.do
(4) Eurostat, 1er janvier 2017 https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php/Migration_and_migrant_population_statistics/fr#Population_migrante:_pr.C3.A8s_de_22.C2.A0millions_de_ressortissants_de_pays_tiers_vivent_dans_l.E2.80.99Union
(5) 1er janvier 2019; https://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/9628015/3-01032019-BP-FR.pdf/2cf5a353-ae88-4bf1-94a2-e7acca44590b
(6) 3,4 millions: https://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/8456391/3-16112017-BP-FR.pdf/3662c2ca-d340-478a-b392-cf411fc10f6f contre 3 millions http://appsso.eurostat.ec.europa.eu/nui/submitViewTableAction.do

 

Réponse donnée par M. Avramopoulos au nom de la Commission européenne

  1. L’impact de l’immigration sur la situation des travailleurs locaux sur le marché du travail a fait l’objet de nombreuses études au cours des dernières décennies. La plupart de ces études ont montré que les arrivées de migrants n’ont pas d’effets délétères sur les salaires (ou l’emploi) dans les pays d’accueil, en particulier à long terme[1].

Le volume d’admission de ressortissants de pays tiers aux fins d’un emploi reste une compétence nationale et, en vertu de l’acquis de l’UE en matière de migration légale, les États membres sont généralement autorisés à vérifier, avant de délivrer des permis ou des visas aux fins d’emplois, si les postes vacants pourraient être occupés par des citoyens de l’Union et de l’Espace économique européen, ainsi que par des ressortissants de pays tiers résidant déjà légalement dans l’État membre en question[2].

Enfin, l’acquis de l’UE en matière de migration légale garantit également aux ressortissants de pays tiers travaillant dans l’Union un traitement égal à celui des ressortissants des États membres de l’Union en termes de rémunération, d’accès aux systèmes de sécurité sociale et d’autres conditions d’emploi applicables, contribuant ainsi à éviter un dumping social et l’exploitation des travailleurs migrants.

  1. Le nombre plus faible figurant actuellement dans la base de données d’Eurostat de premiers permis de séjour délivrés pour la première fois dans l’UE en 2016 (3 019 276 permis)[3], par rapport au nombre figurant dans le communiqué de presse 174/2017 d’Eurostat du 16 novembre 2017 (3 355 506 permis)[4], résulte principalement de la correction des données fournies par le Royaume-Uni (de 865 894 à 529 876 premiers permis) en octobre 2018, en ce qui concerne les premiers permis délivrés aux fins d’études et à d’autres fins. Selon le ministère britannique de l’intérieur, les statistiques relatives à l’année 2016 incluaient de manière erronée les permis délivrés à des visiteurs qui ne doivent pas être classés dans la catégorie des premiers permis de séjour.

 

[1]     Voir, par exemple, l’analyse d’études publiée dans IZA (Institute of Labor Economics) (2014) «Do immigrant workers depress the wages of native

workers?», disponible à l’adresse suivante: https://wol.iza.org/uploads/articles/42/pdfs/do-immigrant-workers-depress-the-wages-of-native-workers.pdf . Et l’analyse de la Commission européenne (2015), «Employment and Social Developments in Europe 2015, Chapter II.2 – Mobility and migration in the EU: Opportunities and challenges».

[2]     Par exemple, l’article 8, paragraphe 2, de la directive 2009/50/CE du Conseil du 25 mai 2009 établissant les conditions d’entrée et de séjour des ressortissants de pays tiers aux fins d’un emploi hautement qualifié (JO L 155 du 18.6.2009, p. 17) ou l’article 8, paragraphe 3, de la directive 2014/36/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 établissant les conditions d’entrée et de séjour des ressortissants de pays tiers aux fins d’un emploi en tant que travailleur saisonnier (JO L 94 du 28.3.2014, p. 375).

[3]     Eurostat table [migr_resfirst]: https://ec.europa.eu/eurostat/web/asylum-and-managed-migration/data/database

[4]     https://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/8456381/3-16112017-BP-EN.pdf/e690a572-02d2-4530-a416-ab84a7fcbf22