Les salaires nets sont plus faibles à la campagne mais l’Auvergne n’intéresse pas Bruxelles

Question de Dominique Martin à la Commission européenne.

En France, le salaire moyen net varie du simple au double selon que l’on travaille à Saint-Flour dans le Cantal ou en région parisienne (10,4 contre 19,5 euros par heure à Saint-Quentin-en Yvelynes).[1]


Toutes les catégories professsionnelles sont touchées :

– Cadres (20 euros contre 29)

– Employés (9 euros contre 12 euros)

– Ouvriers (10 contre 13 euros)

Les salaires les plus bas en France ne sont pas situées dans des zones accueillant des immigrés mais dans certaines communes rurales.

Pourquoi la Commission ne mentionne jamais cette pauvreté et ces inégalités de la ruralité dans ses rapports mais toujours l’inclusion des migrants ? Ainsi dans les 55 pages du programme de l’Union européenne pour l’emploi et l’innovation sociale (“EaSI”) pour 2018, le mot « migrants » est mentionné 8 fois alors que la ruralité n’est pas mentionnée. [2]

[1] http://www.strategie.gouv.fr/publications/dou-viennent-ecarts-de-salaire-entre-territoires
[2] Programme de travail annuel en matière de subventions et de marchés publics pour le Programme de l’Union européenne pour l’emploi et l’innovation sociale (“EaSI”) pour 2018.
http://ec.europa.eu/social/main.jsp?advSearchKey=annualprogtenderproposals&mode=advancedSubmit&catId=22&policyArea=0&policyAreaSub=0&country=0&year=0&langId=fr


Réponse donnée par Mme Thyssenau au nom de la Commission (28.6.2018)

 

La Commission s’est engagée à s’attaquer au problème de la pauvreté dans les zones rurales, qui représentent une part importante de la population de l’UE (28,2 % en 2016)[1]. En 2015, dans l’UE, la part de la population exposée au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale dans les zones rurales était de 25,5 %, contre 24 % pour les personnes vivant en ville et 22,1 % pour celles vivant dans des villes et des banlieues. Alors que la situation varie suivant les États membres, la part de la population exposée au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale dans les zones rurales a diminué en moyenne par rapport aux niveaux de 2008[2].

 

La politique de développement rural de l’UE[3] soutient les entreprises rurales et les agriculteurs pour répondre à une série de défis économiques, environnementaux et sociaux, en partageant un certain nombre d’objectifs et en agissant en complémentarité avec les autres fonds structurels et d’investissement européens (Fonds ESI). Elle s’inscrit dans le cadre de la politique agricole commune (PAC), conjointement avec les paiements directs aux agriculteurs et les mesures relatives au commerce.

 

Les États membres de l’UE et leurs régions élaborent des programmes de développement rural (PDR) coordonnés, qui suivent des priorités communes incluant «la promotion de l’inclusion sociale, la réduction de la pauvreté et le développement économique des zones rurales». Ils sont financés par le Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER), doté d’une enveloppe de 99 milliards d’euros pour la période 2014-2020. D’autres fonds de l’UE apportent également une contribution aux zones rurales: le Fonds européen de développement régional (FEDER), le Fonds social européen (FSE) et le Fonds de cohésion. Le programme pour l’emploi et l’innovation sociale (EaSI) cible les groupes vulnérables dans les zones urbaines et rurales d’un grand nombre de pays participants. Tous ces fonds peuvent être utilisés pour un large éventail de groupes cibles.

[1]    Voir: Répartition de la population par degré d’urbanisation, type d’habitat et tranche de revenu, enquête EU-SILC, Eurostat, 2018.

[2]    Voir le 7e rapport sur la cohésion économique, sociale et territoriale, pages 74-75, Commission européenne 2017.

[3]    Voir: https://ec.europa.eu/agriculture/rural-development-2014-2020_fr .