Les robots pourraient remplacer 58% des emplois en France

Question de Dominique Martin à la Commission européenne.

La Commission a publié des prévisions cataclysmiques dans son rapport 2019 sur l’emploi et les développements sociaux en Europe[1]. Elle prévoit que les salaires des travailleurs à faible qualification vont diminuer, ainsi que le nombre d’emplois. En Allemagne, c’est 1 million d’emplois qui seraient menacés[2]. Elle estime aussi que les robots pourraient remplacer à terme 58% des emplois en France. Enfin, elle constate une dégradation de la valorisation des diplômes puisque 23% des européens ayant un diplôme universitaire travaillent dans un emploi peu qualifié.

Sachant qu’il y a déjà 16 millions de chômeurs en Europe, la Commission va-t-elle enfin engager des mesures pour établir une préférence européenne à l’emploi des citoyens européens ?

 

[1]https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=2&ved=2ahUKEwibo-LLhovfAhUFJVAKHVaoAQEQFjABegQIBBAC&url=https%3A%2F%2Fec.europa.eu%2Fsocial%2FBlobServlet%3FdocId%3D19719%26langId%3Den&usg=AOvVaw24JHUjImlemeBdnssnUo3g

[2] 20% des 5millions d’emploi à faibles qualifications (p.73). Depuis 1995, l’Allemagne en a déjà perdu 0,5 million.

 

Réponse donnée par M. Avramopoulos au nom de la Commission européenne

Depuis le troisième trimestre de 2014, quand cette Commission a pris ses fonctions, 12,5 millions d’emplois nets ont été créés dans l’UE. Le taux de chômage s’établit aujourd’hui à 6,5 %, son niveau le plus bas depuis le début du siècle. Les taux d’emploi atteignent des niveaux records.

Le rapport[1] mentionné par l’honorable parlementaire présente une évaluation équilibrée des perspectives d’emploi en Europe. Il indique que, s’il est pour l’instant impossible de tirer des conclusions définitives en ce qui concerne l’ampleur des éventuelles répercussions de la technologie sur l’emploi, les tâches répétitives et routinières inhérentes à certains emplois sont davantage sujettes à l’automatisation totale ou partielle. Dès lors, une éducation de qualité et un apprentissage tout au long de la vie, ainsi que la modernisation du marché du travail et des institutions de protection sociale, sont nécessaires pour s’adapter à ce monde du travail en pleine évolution.

Le nombre d’emplois menacés en Allemagne cité dans la question est une hypothèse fondée sur une prévision de modèle macroéconomique. Il convient également de noter que l’Allemagne a enregistré des gains nets importants en matière de création d’emplois[2] et des taux d’emploi global à des niveaux records, soutenus par une panoplie des qualifications qui a évolué en réponse aux besoins de production. Le chômage en Allemagne est également à son niveau le plus bas depuis 40 ans.

La proportion des emplois automatisables en France citée dans la question n’est pas une prévision concernant le marché du travail, mais une estimation du potentiel d’automatisation des emplois existants. Si, à moyen terme, certains emplois existants pourraient disparaître, cette disparition doit être mise en balance avec le fait que d’autres emplois seront créés, étant donné que les entreprises et les travailleurs vont s’adapter aux nouvelles technologies grâce à la reconversion et à l’amélioration des compétences et que de nouveaux secteurs vont se développer.

Les chiffres cités dans la question sont donc trompeurs s’ils sont présentés sans leur contexte.

Le droit de résider dans un pays de l’UE à des fins d’emploi diffère déjà selon la nationalité du travailleur: tandis que les citoyens de l’Union bénéficient de la libre circulation, les ressortissants de pays tiers doivent remplir les conditions nécessaires pour obtenir un permis de séjour à des fins d’emploi. Les États membres peuvent utiliser un «examen du marché du travail» et ils ont également le droit de fixer les volumes d’entrée des personnes, en provenance de pays tiers, sur leur territoire dans le but d’y rechercher un emploi.

La Commission estime que la bonne gestion de la migration de la main-d’œuvre peut contribuer à remédier aux pénuries de compétences et de main-d’œuvre existantes, en complément de politiques nationales et de l’UE visant à mobiliser et à former la main-d’œuvre nationale.

 

[1]     Rapport 2018 de la Commission européenne.sur l’évolution de l’emploi et de la situation sociale en Europe.

[2]     Depuis 1995, le secteur des services a gagné plus de 7 millions d’emplois.