Les coûts sont NOTRe

Tribune des élus RN dans le bulletin municipal de Cluses

Lorsque les communautés de communes ont été créées, on nous a répété qu’elles allaient permettre une mutualisation des services, et donc des économies sur nos feuilles d’impôts, selon le principe « Big is Beautiful », autrement dit, plus c’est gros, plus ça passe. Quelle est la réalité ?

Interrogé par nos soins sur le prix de l’eau à Cluses, qui a augmenté de plus de 6% (conduisant à plus de 10 000 impayés), notre Maire a répondu en évoquant le prochain transfert, obligatoire selon la loi NOTRe, de la compétence à la 2CCAM, notre communauté de communes. Il a ajouté que le tarif serait harmonisé entre les communes. Or certaines communes ont un prix 2 fois supérieur au nôtre ; voyez-vous ce qui va arriver ?

Comme disait le maréchal de Mac-Mahon : Que deau ! Que deau !

Autre exemple, avec les bus. La 2CCAM a repris les bus de Cluses et les transports scolaires à la Région (autre obligation de la loi NOTRe), et a étendu le réseau. On s’aperçoit à présent qu’il faut assurer l’accessibilité aux handicapés. La 2CCAM a donc chiffré les travaux : 600 000€ (HT), dont 200 000pour Cluses. Fort bien, mais les arrêts de bus restent une compétence communale. Qui va donc payer ?

Comme disait Robert W. Sarnoff : la finance est lart de faire passer largent de mains en mains jusqu’à ce quil ait disparu.

De toute façon, l’intercommunalité (EPCI dans le jargon administratif) étant peu connue du public, il y a peu de risque politique lié à l’action que nos dirigeants y mènent. Ainsi, une gestion plus qu’approximative a pratiquement mis la 2CCAM en faillite, au point qu’il a fallu des tours de passe-passe pour la sauver en fin d’année dernière. Elle ne peut donc rien financer. Elle vient même, de façon totalement inédite, de faire voter dans son budget modificatif un déficit d’investissement de près de 120 000.

Ce qui ne l’empêche pas de s’engager dans des projets comme le PPA2, qui va coûter extrêmement cher sans s’attaquer aux principales causes réelles de pollution, l’activité des centrales électriques au charbon en Allemagne (syndrome Tchernobyl) et le transit international de milliers de camions dans une vallée encaissée. Il vaut mieux culpabiliser particuliers et entreprises, qui seront de toute façon les payeurs.

Comme disait Ylipe, cet air emprunté, un jour, il faudra le rendre.

Et ce n’est pas fini, puisque l’État jupitérien poursuit la politique précédente, et continue se défausser de ses responsabilités sur les collectivités, tout leur coupant les vivres. Pire : si malgré tout, une collectivité parvient à un budget excédentaire, l’État pourra se servir pour, dit-on, se désendetter.

Comme chantait Clairette Angot :

C’n’était pas la peine, c’n’était pas la peine

Non pas la peine assurément

de changer le gouvernement !