Le protectionnisme intelligent du Président américain Trump pousse Airbus à ouvrir une usine aux États-Unis

Question de Dominique Martin à la Commission européenne.

Le protectionnisme intelligent du Président américain Trump pousse Airbus à ouvrir une usine aux États-Unis

Airbus a franchi une nouvelle étape dans le développement de ses sites de production aux États-Unis avec le lancement officiel le 20 janvier 2019 de la construction de sa chaîne d’assemblage d’avions A220 à Mobile en Alabama[1].

Cette chaîne d’assemblage permettra de répondre à la demande élevée et croissante des États-Unis pour les appareils de la famille A220. Cette nouvelle chaîne d’assemblage est le second site de production d’avions civils de l’entreprise aux États-Unis. La production des avions doit démarrer au 3e trimestre 2019 et la livraison du premier A220 assemblé à Mobile est prévue en 2020. Le communiqué de presse d’Airbus indique que « ce site sera dédié à l’assemblage des avions destinés aux clients américains ».

  1. L’administration de la Commission condamne-t-elle cette décision d’Airbus ?
  2. Est-ce une preuve que la stratégie de protectionnisme intelligent peut générer des emplois aux Etats-Unis ?
  3. Pourquoi la Commission ne suit pas le modèle de protectionnisme intelligent qui a été adopté par tous les pays performants pour nous doubler : les États-Unis, la Chine ou le Japon ?

[1] http://aujourdhui.ma/monde/debut-des-travaux-de-construction-de-la-chaine-dassemblage-a220-dairbus-aux-etats-unis

 

Réponse donnée par Mme Malmström au nom de la Commission européenne

L’Airbus A220 a récemment été ajouté à la gamme d’avions commerciaux d’Airbus. Il était auparavant connu sous le nom de Bombardier Série-C, et produit à la chaîne d’assemblage de Mirabel, au Québec (Canada). Le 16 octobre 2017, il a été annoncé qu’Airbus allait acquérir une participation majoritaire dans la société en commandite Avions C Series[1], ce qui a pris effet le 1er juillet 2018[2]. D’une capacité allant de 100 à 150 sièges, l’Airbus A220 complète la famille actuelle de monocouloirs d’Airbus (150 à 240 sièges)[3].

À la suite de cette opération, Airbus a annoncé que l’assemblage primaire de cet aéronef resterait au Canada, alors qu’une deuxième chaîne d’assemblage devrait être ajoutée à Mobile, en Alabama (États-Unis), pour servir la clientèle locale, eu égard à l’expansion du marché pour cet appareil[4]. La décision n’a eu aucune incidence sur les exploitations actuelles d’Airbus dans l’Union européenne (UE), qui représentent 119 400 emplois directs dans des usines de productions présentes dans différents États membres de l’Union et travaillent en partenariat avec 8 400 fournisseurs européens[5].

L’UE a agi avec détermination pour obtenir des conditions de concurrence équitables pour son industrie aéronautique en usant de tous les moyens possibles, et notamment en contestant les subventions illégales octroyées à Boeing par les États-Unis. La décision rendue le 28 mars 2019 par l’organe d’appel de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) confirme la position défendue de longue date par l’Union selon laquelle les États-Unis n’ont pris aucune mesure pour se conformer aux règles de l’OMC en ce qui concerne l’octroi de subventions à Boeing, ce qui a causé un préjudice important à son concurrent européen, Airbus[6]. L’Union attend maintenant des États-Unis qu’ils se conforment rapidement à cette décision définitive. La Commission continuera de défendre fermement les intérêts de l’industrie aérospatiale européenne et des personnes travaillant dans ce secteur.

 

[1]     https://www.airbus.com/newsroom/press-releases/fr/2017/10/airbus-bombardier-cseries-agreement.html

[2]     https://www.airbus.com/newsroom/press-releases/en/2018/07/airbus–majority-stake-in-c-series-partnership-with-bombardier-a.html

[3]     https://www.airbus.com/newsroom/press-releases/en/2017/10/airbus-bombardier-cseries-agreement.html

[4]     Ibid.

[5]     https://www.airbus.com/content/dam/channel-specific/website-/public-affairs/brussels/EUROPA-Broschure2017.pdf

[6]     http://europa.eu/rapid/press-release_IP-19-1892_en.htm