L’Allemagne, le Royaume-Uni ne fournissent aucune aide directe à la presse mais la France subventionne des titres privés à hauteur de 2 milliards par an

Question de Dominique Martin à la Commission européenne.

Le français Bernard Arnault possède la 4e fortune mondiale, estimée à 60 milliards d’euros[1]. Propriétaire des journaux « le Parisien – Aujourd’hui en France » et « les échos », il recevrait à ce titre 12 millions d’euros d’aides directes de l’État français[2]. D’après la Cour des comptes française, le total des aides directes et indirectes à la presse écrite s’éleverait à 1,8 milliards d’euros[3]. 90% des aides sont destinées à la presse écrite alors que les lecteurs diminuent et que l’audience explose sur le net : les audiences numériques représentaient déjà 70 % de l’audience totale pour la presse quotidienne nationale en 2016. La plupart des grands noms de la presse française ont transposé leur contenu sur internet. Les dynamiques d’emploi du secteur doivent être équitables pour une concurrence loyale entre les 35000 journalistes concernés, tous supports confondus.

 

La Direction concurrence de la Commission a-t-elle enquêté sur la légalité[4] des aides versées par l’État français à des entreprises traditionnelles, et leur neutralité vis-à-vis des sites d’information concurrents français ou étrangers comme Mediapart présents uniquement sur le net ?

Quelles garanties sont prises pour éviter tout financement croisé des sites internets de journaux traditionnels recevant des aides d’État au titre de la presse écrite ?

 

[1]https://www.latribune.fr/economie/international/classement-forbes-le-bond-de-bernard-arnault-la-degringolade-de-trump-770858.html

[2]http://www.rallumerlesetoiles.com/2018/02/les-milliardaires-de-la-presse-gaves-d-aides-publiques-et-privees.html

[3]https://www.latribune.fr/technos-medias/aides-a-la-presse-la-cour-des-comptes-incite-l-etat-a-soutenir-le-numerique-767489.html

[4] Art.107 et 108 TFUE