La Banque européenne d’investissements et « les 57 millions de dollars de chiffre d’affaires annuel d’un camp de réfugiés »

Question de Dominique Martin à la Commission européenne.

La Banque européenne d’investissements et « les 57 millions de dollars de chiffre d’affaires annuel d’un camp de réfugiés »

Dans son Projet de Loi de Finance pour 2019, la contribution de la France au budget de l’Union européenne est estimée à 21,5 milliard d’euros (contre 40,5 pour les régions, départements, villes et villages français). Suite au retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE) prévu le 30 mars 2019, la France devra aussi augmenter de 6,9 milliards d’euros sa participation au capital appelable de la Banque européenne d’investissement (BEI)[1].

 

Catherine Collin, chef du bureau de la BEI pour l’Afrique de l’Est à Nairobi a déclaré (17/09/2018) : « (…) à Kakuma (un camp de réfugiés dans le nord-ouest du Kenya avec près de 200 000 habitants), nous avons rencontré des réfugiés qui y vivent depuis 20 ans. On estime le chiffre d’affaires annuel de ce camp de réfugiés à 57 millions de dollars. Nous voulons voir si nous pouvons investir. »[2]

 

La Commission approuve-t-elle ces propos de la BEI ?

 

La BEI investit 100 millions d’euros dans la rénovation du port de Mombasa au Kenya. Est-ce justifié quand seulement 245 millions d’euros sont alloués par Bruxelles pour catapulter l’industrie européenne de défense et ses emplois[3] ?

 

 

[1] Projet de loi de finance 2019 intégrant l’hypothèse que le Royaume-Uni s’acquittera de ses obligations financières, ainsi qu’il s’y est engagé en décembre 2017. Septembre 2018, p15 et 197. Le ministre chargé de l’économie est autorisé à souscrire à une augmentation de capital de la Banque européenne d’investissement à hauteur de 6 855 963 842 euros de capital sujet à appel.

https://www.caissedesdepotsdesterritoires.fr/cs/BlobServer?blobkey=id&blobnocache=true&blobwhere=1250171189284&blobheader=application%2Fpdf&blobcol=urldata&blobtable=MungoBlobs

[2]17 Septembre 2018 https://www.euractiv.com/section/development-policy/news/the-eus-bank-in-africa-steps-up-the-action/?utm_source=EURACTIV&utm_campaign=2424908452-RSS_EMAIL_EN_Daily_Update&utm_medium=email&utm_term=0_c59e2fd7a9-2424908452-114379415

[3] http://europa.eu/rapid/press-release_IP-18-3870_en.htm

 

Réponse donnée par M. Moscovici au nom de la Commission européenne (27.11.2018)

 

La Commission n’a pas encore reçu de proposition de la Banque européenne d’investissement concernant un investissement éventuel dans le camp de réfugiés de Kakuma pour évaluer les avantages potentiels du projet.

 

En ce qui concerne la réhabilitation du port de Mombasa, le projet est entièrement en phase avec les priorités nationales et de l’UE en matière de développement (programme indicatif national de l’UE 2014-2020 pour le Kenya et programme indicatif régional de l’UE 2014-2020 pour l’Afrique orientale). Le projet contribue aux objectifs de développement durable des Nations unies n° 8 (Promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous) et n° 9 (Bâtir une infrastructure résiliente, promouvoir une industrialisation durable qui profite à tous et encourager l’innovation).

 

Il prévoit d’établir une chaîne d’approvisionnement plus efficace et résiliente et de favoriser l’industrie et les échanges locaux et, par conséquent, il devrait avoir une incidence positive sur les économies du Kenya et des autres pays d’Afrique orientale générant une série d’opportunités et de bénéfices économiques et sociaux. Il dispose également d’avantages environnementaux globaux car le temps de transit et la distance seront réduits pour le transport de marchandises et, partant, les effets associés sur l’environnement.

 

La Banque européenne d’investissement a participé au projet au moyen d’un prêt de 100 millions d’EUR, qui sera remboursé par l’autorité portuaire kenyane.