Faible chômage au Nigéria, Guinée, Bangladesh et renvoi des migrants « économiques»

Question de Dominique Martin à la Commission européenne.

D’après le Haut Commissariat au Réfugies (HCR)[1], 42,7% des individus arrivés sur le continent européen par la mer en 2017 viennent du Nigéria, Bangladesh, Guinée, Mali et Erythrée. Le Nigéria est un pays de 186 millions d’habitants. Le Bangladesh en compte 163 millions. Ensemble, ces deux pays ont une population plus large que l’Europe de l’Ouest sans la Grande-Bretagne (350 contre 320 millions)[2].

D’après l’Organisation Internationale du Travail[3], le taux de chômage dans ces pays est faible : 4-6% pour le Nigéria et le Bangladesh, 6-9% pour la Guinée, le Mali et l’Erythrée. Ce taux permet donc d’envisager dans un futur proche un retour à l’emploi des chômeurs dans ces pays.

Le stock de chômeur au Nigeria et au Bangladesh est estimable à 17 millions. Leur arrivée en Europe pourrait destabiliser entièrement le marché de l’emploi.

Dès lors, quel est le taux des citoyens de ces pays qui ont été reconduis en 2015, 2016 et 2017 dans leurs pays respectifs après leur arrivée en Europe ?

[1]http://data2.unhcr.org/en/situations/mediterranean au 30 juin 2017

[2] Europe des 12. https://en.wikipedia.org/wiki/Statistics_relating_to_enlargement_of_the_European_Union

[3]http://www.ilo.org/global/about-the-ilo/multimedia/maps-and-charts/enhanced/WCMS_541385/lang–fr/index.htm


Réponse donnée par Mme Avramopoulosau au nom de la Commission

La Commission informe l’honorable parlementaire du fait que, même si le taux de chômage officiel, d’après l’Organisation internationale du travail (OIT)[1], n’est pas extrêmement élevé au Nigeria et au Bangladesh, l’OIT confirme que l’emploi y est précaire: 30-45 % des travailleurs au Nigeria et plus de 70 % au Bangladesh sont considérés comme vulnérables[2]; et plus de 65 % dans les deux pays sont considérés comme des travailleurs pauvres. De plus, le secteur informel domine les marchés du travail au Bangladesh et au Nigeria. D’après la Banque asiatique de développement, l’emploi informel était estimé à 89 % au Bangladesh en 2010[3]. Au Nigeria, près de 70 millions de personnes travaillent dans le secteur informel, soit comme employés, soit comme patrons de micro-entreprises[4].

Toutes les statistiques relatives aux retours de ressortissants de pays tiers sont disponibles chaque année dans la base de données Eurostat[5]. Les données, tirées de cette base, concernant les décisions de retour prises et mises en œuvre en 2014, 2015 et 2016 [6] relativement à des citoyens nigérians, bangladais, guinéens, maliens et érythréens renvoyés vers un pays tiers (principalement leur pays d’origine) figurent dans le tableau en annexe.

Il n’y a pas encore de données officielles disponibles pour 2017.

[1] http://www.ilo.org/global/about-the-ilo/multimedia/maps-and-charts/enhanced/WCMS_541385/lang–fr/index.htm
[2] Travailleurs indépendants et travailleurs familiaux collaborant à l’entreprise familiale.
[3] https://www.adb.org/publications/informal-sector-and-informal-employment-bangladesh
[4] Bureau national nigérian des statistiques (2010): National Manpower Stock and Employment Generation Survey.
[5] http://ec.europa.eu/eurostat/web/asylum-and-managed-migration/data/database
[6] Les retours de personnes au cours d’une année de référence donnée peuvent aussi correspondre à des obligations de retour imposées au cours de l’année ou des années de référence précédentes.