Entrepreneuriat social et innovation sociale

Censées aider à la reconstruction d’un cadre économique viable et durable dans les régions les plus touchées par la crise, les entreprises de l’ESS, basées sur des valeurs communes et non sur le profit, ont semble-t-il la faveur des jeunes générations.

Si le développement de l’ESS constitue une nouvelle marotte de l’UE, la raison en est simple. La cohésion sociale a été mise à mal ces dernières années par la gouvernance européenne au point que la fracture sociale devient une sérieuse menace pour l’UE : il faut trouver un moyen de gérer la pauvreté, et d’apaiser les tensions sociales. Ce rôle, autrefois dévolu aux services publics des Etats, n’a plus lieu d’être dans un contexte ultra-libéral où le bien commun et l’intérêt général doivent désormais être confiés aux entreprises sociales et aux adeptes du bénévolat.

En réalité, le développement du secteur des ESS n’est pas une bonne nouvelle : il signifie l’alignement de l’Europe sur le modèle social américain. Lorsque les Etats pouvaient assurer le bien commun à travers le service public, l’encouragement à l’esprit d’entreprise ne concernait que le secteur privé. Le développement de l’ESS n’a d’autre vertu que de compenser la perte du pouvoir régalien.