Cout par migrant employé en Allemagne : 90 000 euros par travailleur (15 milliards pour 168 000 travailleurs)

Question de Dominique Martin à la Commission européenne.

D’après un rapport du Service de Recherche du Parlement Européen (EPRS) sur l’intégration des réfugiés[1] environ 1,2 million de demandeurs d’asile ont été enregistrés en 2015 et 2016 (p.11) en Allemagne. L’Allemagne aurait dépensé 0,5 point de PIB (2927 milliards en 2015), soit 15 milliards d’euros pour intégrer la vague de  réfugiés en 2015 (p.35). En 2016, 86 % de ceux qui sont arrivés en 2015 n’avaient pas trouvé de travail (p.22).

Ce serait donc seulement 168 000 migrants qui seraient rentrés sur le marché du travail en 2016 pour un coût de 89 286 euros par travailleur migrant pour l’Allemagne, 1/3 seulement travaillant à plein temps[2].

Quel est le coût par travailleur migrant en Allemagne estimé par la Commission ?

Au vu du coût considérable, pourquoi le Commissaire européen à l’immigration, Dimitris Avramopoulos a déclaré que « l’Europe va avoir besoin de 6 millions d’immigrés » alors même qu’il rappelait que « la vague migratoire et le terrorisme ont plongé l’Europe dans une crise existentielle »[3] ?

 

 

[1] Intégration des réfugiés au sein de la Autriche, Allemagne et Suède : Analyse comparative, rapport du service de recherché du Parlement européen. janvier 2018

[2]SOEP Wave report 2016 p.156 Institut allemand de recherche économique https://www.diw.de/documents/publikationen/73/diw_01.c.560446.de/wave_report_2016.pdf

 

[3] https://www.tdg.ch/monde/L-Europe-va-avoir-besoin-de-6millions-dimmigres/story/19455815

 

Réponse donnée par Mme Avramopoulos au nom de la Commission (7.9.2018)

La Commission n’a réalisé aucune estimation du «coût par travailleur migrant en Allemagne» ni dans un autre État membre.

 

L’intégration des réfugiés sur le marché du travail est une tâche complexe et de longue haleine pour tout pays d’accueil. La Commission a lancé plusieurs initiatives pour favoriser cette intégration, dans le cadre d’une approche multilatérale[1], et elle apporte un soutien financier et opérationnel aux États membres. Au titre de son programme national relevant du Fonds «Asile, migration et intégration» pour la période 2014-2020, l’Allemagne a reçu 103,6 millions d’euros pour les mesures d’intégration, ce qui représente 44,8% de sa dotation de base. Pour le prochain cadre financier pluriannuel (2021-2027), en matière de migration, les propositions de la Commission prévoient un montant de 10,4 milliards d’euros. L’intégration est envisagée comme une priorité transversale, partagée entre le Fonds «Asile et migration» pour l’intégration à court terme et le futur Fonds social européen+ pour les mesures d’intégration à long terme.

 

Selon les projections actuelles, la population en âge de travailler dans l’UE devrait diminuer de 8 millions entre 2017 et 2027[2]. La Commission estime que la migration des travailleurs, si elle est bien gérée et s’accompagne de mesures d’intégration fructueuses, ainsi que de politiques visant à mobiliser et à former la main-d’œuvre nationale, pourrait atténuer certaines conséquences négatives du vieillissement et de la diminution de la main-d’œuvre.

 

[1]    Notamment le partenariat européen pour l’intégration et l’initiative Employers together for Integration, qui peuvent être consultés sur la page suivante: https://ec.europa.eu/home-affairs/what-we-do/policies/legal-migration/integration/integration-labour-market_en.

[2]    Eurostat, projections démographiques.