Chômage des jeunes : les institutions européennes ne proposent pas de contrat en alternance

Question de Dominique Martin à la Commission européenne.

Chômage des jeunes : les institutions européennes ne proposent pas de contrat en alternance

Les jeunes ont été particulièrement frappés par la crise. Ils sont vulnérables en raison de leur manque d’expérience professionnelle, parfois en raison d’études ou de formations inadaptées[1].

 

En novembre 2018, un peu plus de 3,44 millions de jeunes de moins de 25 ans sont au chômage dans l’Union européenne, dont 2,45 millions dans la zone euro[2].

 

De plus en plus reconnue, l’alternance est aujourd’hui synonyme de réussite. Elle permet à l’alternant de « s’intégrer dans le monde professionnel, de se voir confier des missions, des responsabilités, accumuler des expériences professionnelles et ainsi acquérir un certain nombre de compétences opérationnelles tout en renforçant son employabilité »[3].

 

Des politiques en faveur du développement des compétences pour lutter contre le chômage des jeunes auraient été mises en place par le Parlement européen. Ces politiques insistent sur « l’importance du modèle de formation par alternance et de compétences pratiques, sociales et de communication (…) ».[4]

Mais l’administration des institutions européen ne propose aucune alternance aux jeunes !

 

  1. Pourquoi l’administration des institutions européennes ne propose-t-elle pas d’alternance malgré ces constats ?
  2. A partir de quelle date comptez-vous remédier à ce problème et proposer des alternances ?

[1] https://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:C:2013:120:0001:0006:FR:PDF

[2] https://www.touteleurope.eu/actualite/le-taux-de-chomage-des-jeunes-en-europe.html

[3] https://www.alternance.fr/infos-conseils/10-bonnes-raisons-choisir-alternance-388.php

[4] Site du Parlement européen, http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+TA+P8-TA-2016-0008+0+DOC+XML+V0//FR

 

Réponse donnée par M. Oettinger au nom de la Commission européenne

Les programmes d’alternance associent des périodes dans un établissement d’enseignement ou de formation et des périodes sur le lieu de travail, combinées selon une alternance hebdomadaire ou mensuelle. Leur structure et leur mise en œuvre varient considérablement d’un secteur et d’un pays à l’autre.

La nature du travail dans les institutions de l’Union est très spécifique et requiert généralement un diplôme de troisième cycle. Des exigences strictes en matière de transparence et de non-discrimination sont en outre appliquées lors de la sélection et du recrutement. Si le modèle de la formation en alternance n’est pas appliqué en tant que tel, un large éventail de possibilités est offert aux jeunes diplômés et aux jeunes professionnels qui souhaitent acquérir une expérience de travail à court ou à long terme au sein des institutions de l’Union.

Chaque année, plus de 1 300 jeunes Européens ont ainsi l’occasion de développer leurs compétences professionnelles et personnelles grâce aux stages de l’Union destinés aux jeunes diplômés (à partir de la licence) et, dans certains cas, aux étudiants (stages au Centre commun de recherche).

Ces programmes améliorent l’employabilité des jeunes qui y prennent part, à l’intérieur comme à l’extérieur des institutions de l’Union[1]. En outre, l’afflux de stagiaires qualifiés et motivés constitue également une réserve de talents à partir de laquelle les institutions peuvent recruter, à l’issue d’une procédure de sélection, sur la base de contrats à durée limitée.

La Commission travaille à ce que davantage de possibilités puissent être offertes chaque année aux jeunes diplômés dans le cadre des programmes de stages existants. Elle a également lancé un programme pilote — le programme «Junior Professionals» —, qui permettra de retenir plus efficacement les meilleurs talents travaillant à la Commission, que ce soit en tant que stagiaires ou sous d’autres formes de contrat.

 

[1]     http://ec.europa.eu/smart-regulation/evaluation/search/download.do?documentId=12296494