La présidence maltaise emboîte le pas de la Commission

Intervention de Dominique Martin en commission emploi et affaires sociales du Parlement européen.

Dominique Martin dénonce la béatitude du Ministre maltais Farrugia : le lait et le miel ne coule pas depuis 60 ans ! C’est plutôt la misère et la pauvreté qui est redistribuée !

Il rappelle, au sujet des populistes si ardemment critiqués en ce moment, que « la démocratie c’est le pouvoir du peuple, par le peuple, et avec le peuple ».

Dominique Martin déplore que le programme de travail du Conseil suive – comme d’habitude – celui de la Commission. Il rappelle ses positions politiques et sa volonté de lutter contre la Directive Travailleurs Détachés, qui organise le dumping social, et contre le socle européen des droits sociaux, qui organise le nivellement par le bas.

 

Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) : Dominique Martin dénonce l’absence d’indicateurs permanents.

Intervention de Dominique Martin en commission emploi et affaires sociales du Parlement européen.

Dominique Martin dénonce, tout comme le rapporteur, le manque de données sur le nombre d’emplois créées grâce au Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS).

Malgré ses objectifs ambitieux, le fonctionnement de ce Fonds est difficile à juger de manière positive car l’évaluation des résultats, notamment en ce qui concerne la création d’emplois, est impossible. En effet, il n’y a aucun indicateur permanent et la Commission n’envisage aucune solution. Ainsi, il nous est difficile d’accepter une augmentation du capital et de nous prononcer sur la prolongation de son existence, sans savoir l’impact réel de cet outil.

Cependant, Monsieur Martin n’y est pas complètement opposé car il représente un octroi important de financements auprès des PMI/PME et qu’il s’agit essentiellement de financements privés.

Emploi précaire : L’Union européenne constate, déplore (…) puis aggrave la situation !

Intervention de Dominique Martin en commission emploi et affaires sociales du Parlement européen.

Dominique Martin dénonce le développement des emplois atypiques qui ont tendance à se développer au détriment des emplois classiques. Il explique les raisons principales de cette précarisation : les politiques commerciales de libéralisation de l’économie, et la révolution numérique en cours.

Le rapport fait un long exposé des risques liés à la banalisation des emplois précaires. Il formule une définition de l’emploi décent afin de « sensibiliser les décideurs » mais aucune proposition claire n’émane de ce texte.

Dominique Martin s’insurge que ce rapport soit une simple succession de vœux pieux irréalisables. Irréalisables car la Commission de Monsieur Juncker, tout comme l’Union européenne, fait l’inverse de ce qu’il faudrait faire : Travailleurs Détachés, flexisécurité, ubérisation, mobilité des travailleurs, revenu universel, réformes structurelles : autant de mesures qui favorisent la précarisation de l’emploi.

Accessibilité des handicapés : pourquoi Bruxelles instrumentalise-t-elle un rapport aussi important ?

Intervention de Dominique Martin en commission emploi et affaires sociales du Parlement européen.

Dominique Martin, s’il se félicite que la Commission Emploi se penche sur le sujet du handicap, condamne le fait que ce rapport soit instrumentalisé pour améliorer le bon fonctionnement du marché intérieur, unifier les marchés, harmoniser les règlementations et éliminer les entraves à la libre circulation.

Particulièrement sensible à ce rapport pour être lui-même victime d’un fort handicap visuel depuis août 2016, il n’en dénonce pas moins les vicissitudes : contraintes financières des entreprises et des États, enchevêtrement confuse entre l’accessibilité physique et l’accès aux produits et imposition d’une vision fédéraliste de l’Union européenne.

Combattre les écarts de rémunération entre les hommes et les femmes : oui, mais pas seulement.

Intervention de Dominique Martin en séance plénière du Parlement européen.

Dominique Martin est intervenu en session Plénière, le mercredi 1er mars, dans le cadre du débat sur les écarts de rémunération entre les hommes et les femmes. Il a rappelé qu’il est intolérable que pour le même emploi, l’écart de salaire soit d’environ 9 %.

Dominique Martin a également dénoncé la futilité de ce débat car il ne reflète qu’une partie de la triste réalité. En effet, l’écart salarial annuel net est de 25,7 % si on prend en compte le temps partiel et la ségrégation professionnelle. En mars 2015, il dénonçait déjà le scandale de ces femmes obligées de prendre un travail à temps partiel pour gagner 700 euros par mois ! Moins que le seuil de pauvreté !

Pilier social européen : Dominique Martin dit non !

Intervention de Dominique Martin en séance plénière du Parlement européen.

Dominique Martin dénonce le fait que le pilier social européen ait pour conséquence une harmonisation des systèmes sociaux, avec leurs caractéristiques nationales et cela « au détriment de la subsidiarité et de la proportionnalité ».

Il dénonce également les buts plus officieux tels que l’instrumentalisation de ce dossier, boussole pour la convergence de la zone euros, la captation par les États des budgets sociaux, ou encore la pratique de « l’hélicoptère monnaie ».

Pertes massives d’emplois, revenu universel plaçant ainsi tous les européens dans les seuils officiels de pauvreté : Dominique Martin vote contre le pilier social européen.

Travailleurs détachés : Oui, l’Europe, c’est le Far West !

Intervention de Dominique Martin en commission emploi et affaires sociales du Parlement européen.

Dominique Martin dénonce la cacophonie autour de la directive des travailleurs détachés, et déplore que ce soit fin 2016 que Madame Morin-Chartier observe que le Parlement a « oublié de construire l’Europe sociale »…

Enfin il rappelle que malheureusement cette directive ne sera pas modifiée car tout le monde y trouve son compte :

  • Les travailleurs détachés car leur salaire est multiplié par deux ou par trois ;
  • Les pays d’origine car des devises (envoyés par les travailleurs détachés) sont envoyées dans leurs pays ;
  • Les PMI-PME car elles n’ont pas le choix si elles ne veulent pas déposer le bilan ;
  • Les gros donneurs d’ordre car ils ont de meilleurs résultats, la seule variable d’ajustement étant les salaires.

La mondialisation, c’est faire fabriquer des produits par des esclaves, loin de l’Europe, pour les vendre à nos chômeurs.

Intervention de Dominique Martin en commission emploi et affaires sociales du Parlement européen.

L’UE veut ignorer les origines des problèmes du secteur de la confection. Pourtant on les connait : la mondialisation et les politiques et accords déraisonnés de Bruxelles. Les initiatives de l’Union sont hypocrites, et visent à donner bonne conscience aux européens avec des textes qui ne serviront à rien ! Arrêtons de soutenir, par nos politiques, ces pratiques inacceptables.

Nous proposons des solutions :

  • Souligner que suite à la mondialisation, le secteur de la confection est délocalisé dans les pays à bas coûts salariaux et bas standards de protection des travailleurs, causant une perte d’emplois massive en Europe, et la restructuration du secteur de la confection ;
  • Développer la préférence nationale dans les marchés publics (dans un premier temps), ainsi qu’une meilleure information sur l’origine des produits ;
  • Demander à la Commission de présenter des résultats dans un délai précis ;
  • Refuser toutes législations européennes dans ce domaine.

Quand Bruxelles conditionne l’obtention de fonds à l’application de mesures d’austérité

Dominique Martin partage l’idée originelle du Fond Européen pour les Investissements Stratégique (FEIS), idée pleine de bons sentiments : créer des emplois, assurer la transition vers l’économie durable, stimuler la croissance, augmenter la compétitivité ou encore soutenir les PMI-PME.

Mais le véritable objectif est de renforcer le « cadre vertueux des réformes structurelles ». Autrement dit, ces fonds sont liés à l’application par les États membres des mesures d’austérité !

Ainsi, les États membres auront des fonds que s’ils appliquent ces mesures d’austérité, alors même que ces réformes ont démontré leurs échecs.

CETA, cheval de Troie du TTIP et du TAFTA

Intervention de Dominique Martin en commission emploi et affaires sociales du Parlement européen.

Dominique Martin partage le scepticisme du rapporteur, Monsieur Pirinski, qui explique que « bien que le résultat final du CETA soit la création d’emplois décents, l’augmentation équilibrée des salaires et l’élargissement des possibilités d’entreprenariat, les données (…) indiquent au mieux des augmentations pour l’emploi (…) ne dépassant pas 0.018% ».

Dominique Martin dénonce aussi le fait que l’accord augmente les écarts de revenus entre travailleurs non qualifiés et travailleurs qualifiés, creusant les inégalités et aggravant les tensions sociales. Par ailleurs, il explique que l’accord ne soutient pas les 21 millions de PME européennes mais, une fois de plus, les multinationales nord-américaines.

De plus, des études récentes prévoient une augmentation du chômage longue durée et des pertes d’emplois réels : 45 000 pour la France ! Dominique Martin invite donc, comme le rapporteur, à voter contre ce texte.