Intervention : Bilan de la conférence à haut niveau sur l’emploi en Europe (Milan, 8 octobre)

Dominique Martin (NI ). – Madame la Présidente, chers collègues, un sommet sur l’emploi en Europe, oui, mais pour faire quoi? Après Berlin et Paris, le sommet de Milan, pour admettre cette évidence que l’emploi des jeunes doit être la priorité de l’Europe, au risque que ces derniers se détournent de l’Union européenne. Un sommet de plus pour enfoncer des portes ouvertes mais surtout pour casser toujours et encore notre économie avec des mesures mortifères pour l’emploi des jeunes, comme la baisse du coût du travail ou la libéralisation du marché.

L’Europe continue inlassablement de traiter les effets du chômage plutôt que de s’attaquer aux causes de ce chômage endémique qui touche toutes les couches de notre société, les plus jeunes en particulier. Pour sauver l’emploi en Europe, il faudrait plutôt se protéger de la mondialisation, du libre-échange, du libéralisme débridé; se protéger des produits à prix cassés venus de la terre entière et qui ruinent nos productions agro-alimentaires et industrielles; repenser les accords de Schengen et mettre fin au système aberrant des travailleurs détachés; aider nos entreprises, particulièrement les PMI, PME et TPE, qui représentent 80 à 90 % des emplois salariés.

Pour l’emploi des jeunes, plus particulièrement, il faudrait revaloriser le travail manuel, réinstaller l’apprentissage comme le moyen sûr d’obtenir une qualification, réformer la formation professionnelle, utiliser le tutorat au sein de nos entreprises.

Chers collègues, je vous le dis solennellement: l’Europe n’est déjà plus une chance pour la jeunesse, qui fuit vers d’autres continents.