Pour la Commission, l’emploi basé en Europe n’est qu’une « considération ».

Réaction sur la réponse écrite de la Commission à la QE sur la considération de l’emploi lors du contrôle des fusions par la DG Concurrence

4 200 postes menacés par le rachat d’Alcatel-Lucent par Nokia en 2018. 111 licenciements chez Lafarge-Holcim à Saint-Vigor-d’Ymonville. A chaque fusions-acquisitions, c’est le massacre. Pourtant, chaque fusion doit être précédée d’un accord de Bruxelles. La Commission européenne a le pouvoir de poser des conditions.

Dès lors, j’ai posé le 27 avril dernier, deux questions à la Commission européenne :

– L’impact sur l’emploi basé en Europe est-il inclus dans les procédures d’évaluation des différentes options proposées par la DG Concurrence ?

– Quelles mesures ont été prises par la Commission pour minimiser les licenciements effectués en Europe lors de ces méga-fusions ?

La réponse de la Commission est sidérante[1]

« D’autres facteurs et considérations ne peuvent entrer en ligne de compte que dans la mesure où ils ont une incidence sur la concurrence. » Oui, vous avez bien lu, pour la Commission, l’emploi basé en Europe n’est plus qu’une « considération ».

Quelle régression depuis le traité de Rome en 1957 !

En 1957, la Commission devait dans l’exercice de ses missions « assurer un développement rationnel de la production dans la Communauté (…) dans des conditions qui écartent des risques graves pour le niveau de vie et d’emploi dans les diverses régions et industries. [2] »

Europe, Europe, ta maison sera laissée déserte !

Malheur à la poule qui couve toujours. L’œuf est déjà cuit.

[1] Question du député Dominique Martin et réponse de la Commission sur les fusions et l’emploi : http://dominique-martin.com/cout-social-fusions-acquisitions-conservation-de-lemploi-europe/

[2] Article 29 d) et 49 d) du traité de Rome 1957 http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:11957E/TXT&from=FR